1. Un outil d’intéressement très adapté aux jeunes PME
Créés par la loi de finance 1998, les BSPCE (Bons de Souscription de parts de créateurs d’entreprise) sont des bons attribués - gratuitement ou non - qui donnent droit de souscrire pendant une durée déterminée des actions dont le prix a été fixé à l’avance lors de l’attribution des BSPCE, permettant au bénéficiaire de bénéficier de l’augmentation de la valeur de la société entre l’attribution et la cession des actions résultant de l’exercice des BSPCE.
Ils sont très proches des BSA sous la seule réserve importante qu’ils peuvent être attribués gratuitement sans risque fiscal et bénéficient d’un régime fiscal et social spécifique et balisé. Il s’agit d’ailleurs de leurs principaux atouts en dehors des atouts existants déjà pour les BSA (voir notre étude sur les BSA).
Le principal « inconvénient » des BSPCE réside dans le fait qu’ils ne peuvent être attribués que par certaines sociétés répondant à un certain nombre de critères limitatifs.
2. Quelles sociétés peuvent émettre des BSPCE ?
Cette possibilité concerne uniquement les sociétés par actions (SA, SCA, SAS)[1] :
- non cotées sur un marché d'instruments financiers français (sous certaines réserves[2]) ou étranger
- immatriculées au RCS depuis moins de 15 ans,
- passibles de l'IS en France,
- dont le capital est détenu directement et de manière continue pour 25 % au moins par des personnes physiques ou par des personnes morales elles-mêmes détenues au moins à 75% par des personnes physiques (étant précisé que ne sont pas prises en compte les participations des fonds communs de placement à risques, des fonds communs de placement dans l'innovation, des sociétés de capital-risque, des sociétés de développement régional et des sociétés financières d'innovation établis en France ou dans un autre Etat de la communauté européenne ou dans un Etat ayant conclu une convention fiscale avec la France)
- qui ne sont pas créées dans le cadre d'une concentration, d'une restructuration, d'une extension ou d'une reprise d'activités préexistantes (sauf si la création résulte d'une opération d'essaimage).
L’ensemble de ces conditions doit être respecté par la société émettrice des BCE au moment où elle procède à l’attribution des BSPCE.
3. Qui peut en bénéficier ?
Le personnel salarié de la société émettrice ainsi que ses mandataires sociaux (Président de SAS, Directeur général de SAS ou de SA…) soumis au régime fiscal des salariés.
4. Les BSPCE ne sont pas cessibles (il s’agit d’une interdiction légale qui n’existe pas pour les BSA).
5. Conditions d’exercice
L’exercice des BSA peut être contractuellement subordonné au respect de certaines conditions et notamment à la condition de présence du Manager
Il est également possible de faire varier le nombre de BSA exerçables en fonction de l’atteinte de certains objectifs ou du niveau du prix de vente de la société.
En cas de décès du bénéficiaire, ses héritiers peuvent exercer les bons dans un délai de 6 mois à compter du décès.
6. Prix d’acquisition des titres souscrits
Lorsque la société attributrice a procédé à une augmentation de capital dans les 6 mois précédant l’émission des bons, le prix d’acquisition des titres ne peut être fixé à un montant inférieur au prix d’émission des titres alors fixé.
7. Régime fiscal
Lorsque le manager cède ses actions (résultant de l’exercice des BSA) ou ses BSA, la plus-value de cession est égale à la différence entre le prix de cession et le prix de souscription.
Les gains réalisés lors de la cession de ces titres sont imposables selon le régime des plus-values de cession de valeurs mobilières dans les conditions suivantes :
- ils sont exonérés d'impôt lorsque les droits du cédant ou ceux de son conjoint, de ses ascendants et descendants n'ont pas dépassé ensemble 25 % des bénéfices de la société à un moment quelconque au cours des 5 dernières années.
A noter : les cessions sont soumises aux prélèvements sociaux dès le 1er euro, quel que soit le montant des cessions réalisées par le foyer fiscal au cours de l'année.
- En principe, ils sont imposables au taux de 32,5 % (19 % + CSG, CRDS, prélèvement social et contribution additionnelle au prélèvement social) ;
Néanmoins, le taux est majoré à 43,5 % (30 % + CSG, CRDS, prélèvement social et contribution additionnelle au prélèvement social) lorsque le salarié exerce son activité dans la société depuis moins de 3 ans à la date de cession des titres.
Ils échappent aux cotisations de sécurité sociale.
Samuel Schmidt
Avocat au barreau de Paris
[1] Sont donc notamment exclues les sociétés à responsabilité limitée (SARL), les sociétés en commandite simple et nom collectif.
[2] Peuvent également émettre des sociétés admises aux négociations sur un marché d’instruments français ou étranger si leur capitalisation boursière est inférieure à 150 millions d’euros.
